Episode 6 : Polisse, The Prodigies… et Tree of Life (prière au Très Haut)

Mais qu’il est réactif ce Philou, il monte plus vite que son ombre, c’est à peine si j’ai le temps de suivre le rythme, nom d’une pute cannoise (y en a trois qui patrouillent dans notre secteur, j’invente rien) !  Au sommaire de ce nouvel épisode : j’ai envie de dire que tout est dans le titre. Enjoy !

Juste en préambule : vu The Beaver (Le Complexe du Castor), de Jodie Foster, projeté ce matin hors compétition (et non pas dans la section Un certain regard, comme je l’ai écrit hier, stoupido). Mel Gibson y incarne Walter Black, un père de famille rongé par une dépression au long cours et qui, un beau jour, décide qu’il ne s’exprimera plus que par l’intermédiaire d’une marionnette castor. Comment son épouse Meredith (Jodie Foster) et leurs deux fils vont-ils gérer ce nouveau comportement totalement schizophrène ?

Rôle éminemment casse gueule pour Mel Gibson, en équilibre permanent sur le fil ténu qui sépare la performance d’acteur du grotesque achevé. L’ex-poids lourd de Hollywood, passé poids mort dont plus personne ne veut s’encombrer sur un plateau pour cause de dérapages à répétition, peut remercier sa vieille amie Jodie (depuis Maverick, ces deux-là sont cul et chemise) de le faire encore travailler. Qui plus est en tête d’affiche d’un film sélectionné au festival de Cannes : même hors compétition, c’est un retour en pleine lumière inespéré pour Mad Mel (et pour une bonne raison, pas une biture dégénérée). De surcroit, voilà une évidente mise en abime (thérapie?) pour ce grand malade aux prises avec ses propres démons depuis de trop nombreuses années. A voir si Jodie saura sauver Mel du mal (oui bon…).

Ce Castor-là nous met-il de bon poil ? Plutôt : c’est un « movie of the week » très prévisible, qui n’évite pas toujours le ridicule, mais foncièrement pas désagréable à regarder et il faut bien l’admettre : Gibson l’acteur a encore de beaux restes. Applaudissements plutôt soutenus à la fin de la projection en tout cas, par une audience conquise par l’humanisme de l’ensemble. J’y reviendrai peut-être dans l’épisode 7.

C’est pas le tout mais passons au sommaire de la pitite vidéo ci-dessus : avec Roure, véritable Stanley Kubrick de la Croisette (mais y a que vous et moi qui sommes au courant, O Monde cruel), on passe au crible l’incroyable Polisse, le décevant The Prodigies (Marché du film) et le… suprêmement nawakesque The Tree of Life de Terrence Malick, au terme de ce 6e épisode qui nous donne l’occasion de converser directement avec le Tout Puissant, vous verrez. Prosternez vous nom de Lui-même !!! Programme de l’aprem’ pour la nowatchcannesteam : mmmhhh…. Et pis nan ca sera la surprise. Déjà qu’on s’est fait planter dimanche… Mais foin de stériles digressions, prions maintenant.

PS : merci beaucoup  à Mercedes, rencontrée sur le stand de l’Argentine, qui nous fait le bonheur et plaisir d’inaugurer dans la langue de Cervantes ce 6e épisode.

29 Commentaires

  1. Boucot dit :

    Quand il reviendra, il fera grand jour
    Pour fêter celui qui inventa l’amour
    Au fond d’une étable, il naquit de Marie
    Personne n’avait voulu de lui
    _________

    Un peu déçu pour The Prodigies. Je n’avais vu que quelques images mais j’en avais pas mal entendu parler et les gens semblaient enthousiastes vis-à-vis de ce film. Dommage pour un film français ambitieux comme celui-ci.

    Polisse ne me tente pas, malgré les critiques positives. Peut-être parce que j’ai pas envie de voir la tronche de Joeystarr, je sais pas.

    Par contre fais gaffe John, on est en train de te piquer ton yacht derrière toi.

    _________

    Jésus reviens, Jésus reviens, Jésus reviens parmi les tiens
    Du haut de la croix, indique nous le chemin
    Toi qui le connais si bien

  2. fannyb dit :

    Ma carrière dépend de The Prodigies, dites en du bien quand même un peu!!

    Bravo pour la critique vidéo de The tree of life, du grand grand Malick fabriqué par les Philippes. En drôle quand même.

  3. psophos dit :

    grand fan de Terrence Malick, je dois avouer que le film est particulièrement hermétique, j’ai tout de même apprécié et je vais certainement retourner le voir.
    Sinon merci Plissken, certainement la meilleure critique du film même si je suis pas d’accord, en tout cas ça m’a bien fait marrer.

  4. Hyubasa dit :

    Encore excellent, Plissken va commencer à titiller la curiosité des plus grands cinéastes à force d’enchaîner ce genre de prestation !!!

    Et merci pour l’avis sur Polisse, qui confirme qu’il y’a encore beaucoup d’espoir avec les films français au vu d ece festival de Cannes :)

  5. CuberToy dit :

    Mention spéciale pour la critique de Tree of Life… ça donne grave envie… hum…

    Bon bah donc Polisse étonnant (ca se dit partout), The Prodigies c’est quand même un beau projet et ambitieux pour la france. Rien que pour ça, je pense que si je peux je ferrai le déplacement.

  6. Kasilla dit :

    Ah la bonne poilade sur ton résumé de Tree of Life… ça me fait presque oublier ma déception X’D

    Par contre, nous narguer avec vos images de plage et de gens souriants et bronzés… VENGEANCE !!!

    PS : JoStar mérite peut-être un pris de l’interprétation pour son rôle dans Polisse… mais perso je trouve toujours que c’est un gros connard qui a la main un peu trop leste ;p

  7. Madt dit :

    Mort de Rire sur Tree Of Life les mecs :D !

    Content de voir que Polisse vous a plu également et que donc c’est pas un faux bon bilm (genre Indigènes).

  8. InThe Blix dit :

    Enôôrme critique de Tree of Life: Bravo John pour le texte “habité” et Bravo Philippe pour les images “séraphiques”.
    Polisse m’attire vraiment beaucoup, il évoque un peu L627 de Tavernier, non ?
    Quand à Prodigies…je suis dubitatif mais j’irai certainement me faire un avis (carte UGC, merci)

  9. pajoannin dit :

    Énorme sur tree of life limite godarien comme resumé ;) d’ailleurs le film est godarien non? (rapport a l’ennui tout sa tout sa…)

  10. Mentine dit :

    Je vais éviter de regarder cet épisode 6, je veux voir Tree of Life vierge de toute critique.

    Be seeing you,
    Mentine

  11. Trohzen dit :

    Mes amis cotisons nous pour payer une casquette a notre Johnplissken , l’insolation le guette sous le soleil de plomb Cannois , d’ou son errance sur Tree of Life , ou alors la déception l’a rendu fou …

    Donc je note Polisse, a voir mais de toute façon j’etais déjà fan de Joey donc j’y serais allé .

    The prodigies, mouais, j’ai surtout l’impression, a la vision des images, de voir un film très froid, sans humanité., tout l’inverse des productions d’animes de nos jours (les pixars et autres) , cela pose une question, le cinéma d’animation doit il rester dans les histoires simples a grand renfort de sentiments, ou peut il s’ouvrir sur des thèmes cinématographiques plus complexes? Le ‘grand’ public attend il ce genre de thèmes dans un film d’animation ?

  12. Rambosephiroth dit :

    Je pense bien que j’ai vu Mister Plissken dans le petit journal de canal + ! (enfin bon environ 0.5 secondes).

  13. Sheppard dit :

    C’est tout de même curieux, mais plus on descend Tree Of Life, et plus j’ai envie de le voir. En revanche, Pollisse, plus en parle et plus je m’en fous.

  14. Psophos dit :

    +1 Sheppard

  15. La meilleure critique de Tree Of Life by Mr Plissken! J’adore ce tour d’horizon de Cannes en ta compagnie!

  16. Flightless dit :

    Tree of Life.
    J’crois que je désapprouve à la fois ceux qui affirment que c’est un gros film pseudo-métaphyqique, pompeux et finalement assez chiant, et ceux qui crient au génie (crient au génie, haha, pas comme si c’était la nième fois) en disant que « le réalisateur est un visionnaire qui sait englober en quelques images la place de l’homme dans l’univers, réunit l’infiniment grand et l’infiniment humain dans un condensé psychédélique et transcende le cinéma pour nous offrir une œuvre d’un genre nouveau » (ou assimilés ; je suis certain qu’il y en a).
    Et puis faut être violemment calé en théologie pour comprendre une grande partie du discours de ce film. C’est pas mon cas, mais il va quand même me rester longtemps à l’intérieur, je pense.

  17. tybalt dit :

    Exccellent, j’ai explosé de rire au “Tree of Life…Terrence Malick…Rien compris…”
    Merci pour ces “comptes rendus” du festival, je trouve ça vraiment chouette :D

  18. David Oghia dit :

    Bravo John, j’adooooore ta vision de Tree Of Life. N’est pas Kubrick qui veut…

    Continue à nous faire rêver avec ton corps qui ondule sur le sable de Cannes !
    :-)

  19. Pschitrose dit :

    Bravo pour la séquence Tree of Life ^^
    J’irais qd même le voir.
    Quant à Polisse, je n’avais pas envie d’aller le voir mais tu m’as convaincu là!
    Et pour The Prodigies, ta critique met une grave claque à mon attente…mais j’irai me faire ma propre opinion…

    Bon boulot les Philippe :)

  20. Mentine dit :

    Séance de rattrapage après avoir vu The Tree Of Life : LOL Mr Plissken ! Critique juste et finalement pleine d’humilité.

    Be seeing you,
    Mentine

  21. johnplissken dit :

    Merci chère Mentine d’etre toujours capable de bien cerner les choses et leur esprit, et de le dire, ca fait toujours plaisir :-)

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