CINE FUZZ #64 - Tarantino, l'intouchable ? - Partie 1 - Le Débat
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Pour ceux qui n’auraient pas encore pu voir Django Unchained ou Inglorious Basterds, on vous conseillera d’attendre avant de voir l’émission vu qu’elle contient de nombreux spoilers !
Attention cette semaine, notre nouveau cycle sera particulièrement violent ! Pas étonnant vu qu’on en y parle de Tarantino, de sa réputation de cinéaste intouchable et de son dernier opus Django Unchainded. Et on préfère vous prévenir tout de suite les avis sont tranchés et le débat particulièrement houleux ! On s’engueule, on se coupe la parole, on se croirait revenu dans une vielle émission de débats télévisés avec même une petite dose de mauvaise fois. Evidemment on vous rassure, entre passionnés, on s’énervent puis après on se marre. Pour preuve on reviendra sur Tarantino durant notre analyse de séquence dès la semaine prochaine.
D’ici là on attend vos nombreux commentaires sur Django, mais aussi sur la carrière de Tarantino. Vous a-t-il déçu ? Est-il toujours pour vous l’un des grands cinéastes encore en activité ? On continuera le débat et on reviendra sur vos réaction dans notre émission spéciale à la fin du mois.




16 Commentaires
j’ai adore cette premier partie de débat surtout trop marrant le chat aux début Jacky Brown est meilleur que Django… Bon débat (first)
Avez vous vu le Django de Franco Nero ? Parce que le générique comporte justement des similitudes avec celui de 1966. Je continue le débat
Oui le Django de Corbucci a une séquence d’intro similaire et en même temps totalement différent selon moi. La présentation est la même on présente un héros “Django” totalement abattu sans cheval, marchant (tirant un cercueil dans le premier) enchaîné dans le deuxième. Avec tous deux l’idée de la perte de l’être aimé (ce que dit la chanson dans le texte). Mais bon le fait que Django Unchained le lie à l’esclavage donne pour moi justement un écho totalement nouveau au même motif ?
Pensez vous que les ombres représentent ce qui n’a pas réellement existé historiquement ? Tarantino est gêné de représenter une histoire d’amour entre noires à cette époque historique et utilise donc les ombres ?
BTW c’est bien Django de Sergio Corbucci avec Franco Nero.
Alors sur le coup je continue un peu mon débat avec Fabien sur le film mais je ne pense vraiment pas que les ombres représentent une gêne de montrer l’histoire d’amour. Le plan avec les ombres c’est tout bêtement un plan ultra iconique du western américain et on peut en compter des centaines de plans de fin de couples qui s’enlacent à la fin des grands westerns. Après je pense justement que c’est un plan qui fait aussi écho avec l’histoire (la romance du héros) quant Waltz raconte la légende allemande. Il montre un rocher et fait la place pour justement faire une ombre (qui doit surement métaphoriser le cinéma chez Tarantino qui n’éxiste pas encore). En faisant ce plan il leur donne une sorte de récompense, ils sont devenus des figures filmiques
Bon j’arrête d’intellectualiser à outrance.
Et le dernier point sur ce coté gêne de l’histoire qui pour moi est totalement faux. Le plan suivant les deux personnages sont en plan moyen et s’embrassent comme il faut. Donc bon comme on dit : où il y a de la gêne y a pas de plaisir.
SUR DJANGO:
Django est un bon film mais pas un super Tarantino (à mon avis).
Plein de très bonnes choses (certaines cultes) mais aussi pleins de longueurs et certaines scènes ne portent pas la patte du maître, on se dit que n’importe quel réalisateur aurait pu faire telle ou telle scène comme ça ou alors que Tarantino aurait pu faire mieux, tout simplement.
Pour bien faire il faudrait que je revoit le film mais pour illustrer mon propos je trouve que la fusillade qui suit le diner est mal faite, le sang et les bruits de canons ne me dérangent pas mais la scène aurait pu être mieux faite.
Le Personnage de Samuel L. Jackson est très très bon et très bien joué.
J’ai kiffé Dicaprio.
Christophe waltz est très bon aussi mais sa mort laisse comme “un arrière-goùt de pisse” il meurt un peu bêtement ou en tout cas qqch ne colle pas.
Pour finir Django me paraît… “Mouais, sans plus” pas forcément mal jouer (quoique) mais il est insipide ou sans texture. On se dit qu’il apprend bien vite à tirer et un peu trop bien, sans pour autant que ça soit justifié. Ou alors que l’histoire aurait pu marcher aussi mais qu’il n’y avait pas besoin de le faire passer pour “la main droite du diable” (sauf à le justifier avec une petite histoire tarantinesque).
Après la scène de fin, on finit par bien aimer Django mais on aurait voulu l’aimer plus tôt.
Globalement, tout les éléments du bon Tarantino sont là, mais je reste un peu déçu, je me dit qu’il aurait pu mieux faire avec ce film.
SUR TARANTINO:
Il reste l’un des seuls réalisateurs dont j’attend vraiment les films pour les voir au cinoche sinon c’est divX à la maison avec un taux d’insatisfaction de 90%.
Son univers me plait, je kiffe quand il fait des références ou plutôt des hommages (jamais du plagiat). Je suis d’accord que c’est surtout du divertissement populaire avec lui et non pas du divertissement cinéphile mais par contre il l’est vraiment lui(cinéphile) et en quelque sorte nous apprend ou nous donne envie de l’être un peu. Je pense qu’il sait faire plaisir au spectateur en lui donnant ce qu’il veut, étant lui même un grand amateur de cinéma populaire.
Il y aurait tant à dire, je vais en laisser un peu pour votre débat mais j’aimerais bien avoir vos avis sur certains films en excluant ceux sur lesquels on est tous d’accord Reservoir Dogs et Pulp fiction:
Votre avis sur Jacky Brown (que j’ai bien aimé Perso) et sur Kill Bill (que j’ai adoré et qui me paraît être un exercice de style où on a pu voir tous les genres qu’il affectionne) et Inglorious Bastards que je trouve bon mais qui m’a déplu sous certains aspects mais ça fait un bail que je ne l’ai pas revu et je ne regarde pas les films avec un angle critique dont je ne saurais dire ce qui m’a géné car globalement tout était bien.
Sorti de là, il s’essaye désormais à des films qui s’ancrent plus dans l’histoire, il sort de son rayon d’action habituel avec son talent de donner au spectateur du plaisir mais forcément avec un peu moins d’aisance puisque la composante historique entre en jeu et c’est peut-etre là le souci, le pré-requis, le fais, de ne pas partir d’une feuille blanche comme je l’ai entendu dans le débat et du coup on a des longueurs ou alors on est un peu frustré. Je pense qu’il s’est fait moins plaisir dans ces deux derniers films puisque j’ai moi aussi pris un peu moins de plaisir.
La question qu’il faudrait peut-être se poser ou lui poser, c’est quelles sont les contraintes qu’il s’est fixé et étaient-elles judicieuses ou trop ambitieuses ou en tout cas lui ont poser des soucis c’est clair.
Maintenant, sur Django, parler de l’esclavage aux US est très couillu de sa part surtout sous cet angle mais il s’en tire bien …même s’il aurait pu faire mieux.
excusez moi d’être un peu HS mais la version HD et la version SD sont la même dans les téléchargement de l’épisode via le site ..
bisous
Oui une petite erreur de notre part. On vient de fixer le souci le podcast HD est désormais bien en HD
Je m’apprête, dans les lignes qui vont suivre, à me risquer à un exercice longtemps refusé par suspicion persistante de manque d’objectivité et d’emportement sentimental exalté : parler du réalisateur américain – Dieu (et voilà ça commence…j’vous l’avait bien dis!) – Quentin Tarantino à l’occasion de la sortie de Django Unchained, son 8ème long-métrage.
J’ai volontairement refusé de trop en lire avant d’aller voir ce Tarantino-nouveau. Déjà, j’entendais ici ou là que nous avions à faire au “meilleur film de Quentin Tarantino” et je n’aimais pas partir avec cet à priori – même positif. J’avais raison…
Quentin Tarantino dégage, par sa filmographie unique, trois ères créatives :
Les Pop Polars foutoirs/pétoires/blabla-mitraillette : Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Jackie Brown.
Les Revanches Assassines : Kill Bill 1 et 2 et Deathproof.
Les Vendettas Perso en forme d’hommage historique : Inglorious Basterds et Django Unchained.
Depuis 2009 et Inglorious Basterds – hommage utopico-euphorique à la Seconde Guerre Mondiale, il est donc entré dans sa 3ème phase et montre ainsi qu’il prends certaines choses très au sérieux. Avec Django Unchained, il combine son envie de parler du passé esclavagiste des États-Unis avec son amour du western-spaghetti à la sauce Sergio Leone.
Django Unchained, c’est la rencontre improbable entre un ancien dentiste devenu chasseur de prime, le Dr King Schultz (Christophe Waltz) et Django (Jamie Foxx), un esclave noir dans l’Amérique de la pré-Guerre de Sécession. Ce qui doit être une collaboration éphémère entre les deux hommes devient une quête liée par une prédisposition commune à jouer de la gâchette – pour la justice – et une aversion identique pour l’esclavagisme et la torture gratuite. Touché par le rare désir d’avenir qui habite le coeur de l’esclave et la nostalgie de sa culture germanique évoquée par la quête d’amour wagnerienne de Django et sa femme Broomhilda (Kerry Washington), le chasseur de prime allemand aiguise le don de pistolero de son compagnon de route et va l’aider à affronter leur ultime ennemi : Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), riche propriétaire de la plantation Candyland et…. de la femme de Django. Est-il utile de vous préciser que l’ensemble de cette histoire va être parsemée – mais tout en finesse Maille – de sang, de cris d’agonie et d’instants WTF…?
On retrouve en Django Unchained certains des ingrédients qui ont fait le succès des films de Tarantino : la farouche vengeance fumante, quelques dialogues riches et jubilatoires, des détails-hommages-clin-d’oeil qui tuent, une bande-son impeccable, des giga-éclaboussures de sang et des acteurs clairement emballés par l’exercice. Pourtant, il est impossible de comparer Django Unchained aux autres films de Q.T. J’ai personnellement pris une – putain de fucking – claque le jour où j’ai découvert Pulp Fiction. Je n’avais jamais rien vu de tel auparavant et je ne pensais même pas que ça pouvait exister. Ensuite j’ai prolongé mon orgasme-ciné avec Reservoir Dogs, en savourant chaque attitude, chaque regard, chaque parole comme on savoure un excellent whisky. Puis j’ai goûté avec un plaisir un peu restreint à la puissance de la backxploitation avec Jackie Brown, éclaboussée visuellement par la black-class de Pam Grier et Samuel L.Jackson et par l’improbable loose-style de Robert de Niro . Et plus tard encore, j’ai sniffé le rêve devenu réel de voir un ovni sauce soja-spaghetti prendre forme à l’écran avec Kill Bill 1 & 2. Enfin, j’ai aimé le Girl Powaaa insolent de Deathproof, offrant à Kurt Russel un rôle déjanté sur mesure. Inglorious Basterds ne m’a pas “patchée” le palpitant, je fais donc l’impasse sur ce-dernier.
Django Unchained me donne l’impression d’un aboutissement, d’un début de synthèse de carrière. Au long des dernières interview de Tarantino-senseï, on s’aperçoit qu’il est désormais habité par une forme de sérénité. Je ne suis pas en train de vous dire que Q.T. est devenu ennuyeux, trop sage ou qu’il a perdu sa flamme. Non, le réalisateur américain, unique dans sa génération et son métier, distille sa folie différemment. Quelques années en arrière, Django Unchained aurait certainement été – trop – bourré de dialogues sans fins, d’hectolitres de sang de synthèse, de chiées d’injures exotiques et de démembrements de canassons en tout genre. Un tableau geekement jouissif mais un tantinet too much. Le film offre des surprises, des fou-rires tarantinesques qui vous prennent à contre-pied mais aussi et sûrement plus qu’avant, de l’émotion tragique pure. Sans faire de Django Unchained un film historique sur l’esclavagisme ou à l’opposé, une farce kitsch gênante, Quentin Tarantino a su allier son humour déjanté à un regard cru sur cette composante énorme de l’Histoire Américaine. A l’aube de la cinquantaine, alors qu’il n’a pas d’enfant à qui léguer son oeuvre et son art, Q.T. s’est malgré tout posé. Certains lui reprocheront peut-être de ne plus faire des “films de ouf”. Mais n’est-ce pas justement là la marque d’intelligence d’un homme qui sait qu’il ne peut éternellement tout tourner en dérision ? A l’instar des frères Cohen qui allègent leurs derniers films en bouffonneries gloutonnes, Quentin Tarantino fait muer doucement son cinéma, sans perdre de vue son essence d’origine. Pour preuve, le réalisateur sait encore donner des visages insoupçonnés à des acteurs pourtant déjà-vus – je pense là tout particulièrement à Samuel L.Jackson… bluffant et décalé as usual quand il bosse pour Q.T. et ici tout simplement MA-GI-STRAL !
En terme de western, le style est honoré. Django Unchained offre son lot de gueules sales des trous paumés de la vieille Amérique, de rues non pavées, de chevaux sellés, d’éperons, de jeans, de Stetson, de six-coups, de silhouettes montées à cheval, etc … Tarantino s’est frotté à un genre qu’il adore et il a su nous mijoter un bon western bien savoureux. Les décors sont typiques à souhait, les nuances photographiques respectent le color code de tout film labellisé western et les personnages portent des noms à coucher dehors par une nuit sans lune.
Django Unchained – en VO – est un bon cru, contenant bel et bien l’ADN de Quentin Tarantino. Mais n’allez pas le voir en cherchant à le comparer à ses précédents long-métrages ou en voulant retrouver sa folie border-line des années 90. Si vous aimer véritablement le style Q.T, vous ne serez pas déçus ! Et vous attendrez désormais de voir quel sera l’éventuel 3ème volet de cette trilogie – vraie ou supposée – à la mémoire de l’Histoire…. selon Tarantino bien sûr.
Site officiel du film : http://unchainedmovie.com/
Site officiel de la B.O.F : http://www.unchainedsoundtrack.com/
Ma playlist Tarantino Juke Box sur Deezer : http://www.deezer.com/fr/playlist/9683553
Pauvre Romain ! Obligé de défendre un excellent film entouré de deux affreux qui ne se gênent pas pour échanger des regards moqueurs et ricaner aux réflexions pertinentes de leur compagnon.
Non mais je déconne. En fait, j’ai rien à ajouter à ce qu’a dit Romain, je suis tout à fait d’accord avec lui. En sortant de la séance, je me suis dit une chose toute simple, une pensée qui ne m’avait pas traversé l’esprit depuis longtemps : je suis allé au cinéma. J’ai vu un putain de film de cinéma ! Un film qui m’a procuré des émotions, du plaisir, qui m’a happé dans son univers, qui m’a donné foi au cinéma, tout ça quoi.
Après je retiens des éléments critiques des deux affreux (c’est affectueux) que je comprends tout à fait : le rap m’a gêné, m’a fait sortir du film lors de la chevauchée. Je trouve certains choix musicaux “forcés”, dans le sens où Tarantino se sent parfois obligé de mettre une piste alors que les images suffisent à elles-mêmes. Mais la chanson de John Legend ou les musiques de Bacalov fonctionnent très bien, par exemple. Le montage est curieux de temps en temps. Mais dans l’ensemble j’ai adoré.
Apparemment vous deviez refaire sa carrière. Personnellement je la vois comme cela : un crescendo qualitatif qui part de Reservoir Dogs jusqu’à ses deux grandes oeuvres qui me touchent profondément : Jackie Brown et Kill Bill. Après je constate une sorte de “conscience d’auteur” où malheureusement Tarantino “fait du Tarantino”, spécialement dans “Inglourious Basterds” qui est, pour moi, un film inachevé, bancal et au final fascinant, tant il alterne le médiocre et le génial ; mais j’ai du mal à le revoir en entier.
Puis un petit HS : avec Django Unchained, QT m’a donné envie de voir un film que je voulais voir depuis longtemps : Die Nibelungen de Fritz Lang. J’espère que dans l’équipe vous l’avez déjà vu, eh bien, c’est magistral. Mais rien à voir, dsl…
Tout ça pour dire que je suis surpris d’être en accord avec Romain. Si je ne m’abuse, c’est lui qui avait bcp aimé Tree of Life en parlant d’émotion pure, film que j’adore également. Moi qui était plutôt Fabfuzzien, ben en fait non. Mais je l’aime bien quand même, hein. Et Philippe aussi.
Allez, je ne vous hais point
Super débat.
Je suis globalement du côté de Romain même si certains truc évoqués par le clan adverse sont très vrai.
-Notamment sa manie de surgaver son film en musique et de les “cutter” assez brutalement. A vrai dire c’était déjà le cas dans Kill Bill, mais là je trouve que c’est moins bien timé et ça me sort du film par moment.
-Pareil, sa manière d’interrompre brutalement les élans épiques ou émotionnels ça a tendance à me frustrer. Il laisse juste le flashback de Django et Brumhilde dans leur fuite et leur punition qui à chaque fois fait mouche et me tire une larme. Ca a pour effet la scène de dézingage par Django des frères machintruc est la seul vraiment jubilatoire.
-Michael J Fox m’en touche une mais ne fait bouger l’autre qu’à moitié.
-Personellemnt, je trouve qu’il aurait due laisse un peut plus de sa scène des chiens car on ne comprend moins bien sur la fin qu’en fait le personnage de Waltz ne peut plus vivre avec cette vision et va déclencher la débauche de violence nécessaire à la cathartique de toute la violence idéologique endurée jusqu’ici par le spectateur. Pour moi il ne meurt pas connement dutout, c’est juste la mise en scène au ralentis qui donne l’impression que lui et Django auraient put dézinguer toute la pièce sans subit de dégats (Samuel lee Jackson a quand même le temps de traverser la pièce et prendre le cadavre de Dicaprio dans ses bras avant que Dr Shultz se fasse tirer dessus). Mais le personnage de Schultz accueillai la mort les bras ouverts après avoir tué Dicap donc ça va.
J’ai aussi quelque réserves sur le rythme mais je garde une réserve car j’ai toujours un peut de mal avec les rythme d’un nouveau film de Dicaprio et puis quand j’y reviens des années plus tard, je trouve tout timé comme il faut. Ca m’a fait le mm effet pour Jackie Brown et Kill Bill.
A part ça je trouve ça vraiment hyper fort que Tarnetino arrive à proposer un traitement inédit et aussi subtile du sujet de l’esclavage. Tout en s’adressant totalement à l’amérique d’aujourd’hui. Dans un film qui joue autant sur le style, se balladant entre l’horreur et l’hilarant. Ce mec est tout simplement génial pour ça et c’est vachement impressionnant çà voir.
En suite le débat sur les référence, je trouve ça absolument inconsistant. Comme dit romain, tout le monde passe son temps à faire de la cuisine. Tout ce qui compte c’est qu’une référence ne soit pas gratuite et apporte quelquechose au film. A aucun moment je n’ai ressenti de la gratuité avec les références.
Le seul vrai point négatif du film pour moi, c’est qu’effectivement, Tarentino commence un peut à se regarder faire du cinéma. Il se fait kiffé mais ça ne nous fait pas toujours systématiquement kiffer.
Dsl pour les fautes de frappes et de grammaire, pas assez relu.
bonjour, super podcast (comme d’hab!) et j’aime vraiment cette idée de débat grâce à la nouvelle formule: continuez comme ça!
Quand à Django… comment dire?
je me suis poliment ennuyer en fait. J’ai retrouvé certains gimmicks que j’ adore chez mon Tarantino 90′s, avec une vrai science du dialogue, une vraie grammaire stylistique qu’il réussi chaque fois à s’ approprier sur chaque genre qu’il touche, une vraie science du casting (Waltz intouchable lui, Dicaprio TRES flippant), et des personnages forts, MAIS…
une déception quand même: on sent clairement qu’ il a voulu faire refaire un film en deux parties (est-ce nécessaire de dire Kill bill?), avec une ambiance western vraiment bien gérée en début de film, un sens du rythme toujours autant maitrisé. sur ce coup je suis d’accord pour dire que si Tarantino s’étend sur ses dialogues, c’est pour mieux créer l’ attente chez le spectateur et que c’est efficace. et le tandem Waltz/Fox marche parfaitement, l’équilibre entre l’éloquence de l’un et le mutisme de l’autre renvoie aux grands buddy movie que j’adorais. Rien à redire sur cette première partie donc.
Mais dès l’arrivée à la plantation, on sent clairement que l’on bascule dans tous les travers que les anti-Tarantino lui reproche: bavard, lourd dans les blagues, bourrin et finalement assez vain.
Aucun problème avec la fameuse scène des chiens: dialogues impeccable, Dicaprio irréprochables et angoissant, et après revisionnage la scène est assez pudique visuellement, c’est surtout le son qui fait effet. comme dans les films d’horreur, c’est finalement plus ce que l’on entend qui nous pousse à imaginer l’ horreur que ce que l’on voit réellement. donc non, aucun problème avec cette scène non plus. en fait ce qui m’ a dérangé c’est surtout cette longueur dans les scènes de dîner: désolé mais elle ne sont pas classique, elles sont juste fainéantes au possible. sauf que là où d’ habitude il sauve ces scènes et les rends cultes grâce à ses dialogues (encore une fois…) et surtout ses personnages, on tombe ici dans un classicisme qui vire au mauvais cliché. on s’ ennuie ferme. on sait que le maître est un connard d’esclavagiste arrogant, pompeux, on l’à déjà vu grâce aux scènes précédentes. est-il vraiment besoin de nous infliger en plus une scène creuse et longue pour insister dessus?
de plus on attendais tous la scène de retrouvailles, celle où le héros retrouver sa femme après plusieurs mois et de nombreuses péripéties. Et là il nous sort un sketch: autant la blague est bonne en elle-même, autant elle flingue complétement l’aspect épique de l’histoire.
et là scène de fusillade finale est foireuse: à cause de ce problème de rythme, j’ai eu l’ impression que Tarantino nous disait “bon, vous avez été bien sage depuis 40 minutes, merci d’être resté, maintenant voilà votre récompense: tiens, mates un peu d’action ça te reveillera!” ce n’est pas tant la musique (il nous a déjà habitué à ce décalage dans tous ses films précédents, de Reservoir dog à kill bill 1) qu’une fois de plus de plus la fainéantise de la mise en scène qui m’a achevé. long, lourd: on ne parle plus de gimmick ou de cliché, mais de régurgitation là!
et ce plan pseudo comique final avec le grand sourire de Kerry Washington: elle aurait pu me faire un doigt d’ honneur, mon ressenti aurait été le même.
en gros, oui Tarantino est intouchables: impossible de dire que Django est moyen, parceque killbill, parceque pulp fiction etc… impossible de dire qu’il est devenu mou, qu’il se répéte parceque super dialogues, super casting. mais là où tout le monde se souviendra de la scène sur les pourboires, sur le whooper, sur superman: de quoi se souviendra t’on pour Django? de son héros mutique qui finalement change du tout au tout en un claquement de doigt? pas si sûr…
Salut les Fuzz, alors pour commencer excellent Poscast !! Le débat était très vivant avec des avis très pertinents de part et d’autre.
Tarantino l’intouchable ? Pour ma part, oui et non, ou pas plus que d’autres grands, en tout cas…
Dans ses films, on a de l’excellent (principalement sur toute la période Reservoir Dogs – Kill Bill) mais aussi du plus discutable (principalement l’ère post Kill Bill)…
Attention, ses derniers films restent néanmoins très sympathiques, et bien au-dessus de la moyenne des films de l’ère 2000…où finalement pas tant de chefs d’œuvre inoubliables restent à mon sens, gravés dans les esprits…contrairement aux décennies antérieures.
Pour Le cas Django…et c’est exactement la même impression que m’ont laissés Inglourious & Death Proof…je les trouve frustrant…
Tarantino a sa propre vision du cinéma et qu’il la garde, mais par moment, je sais pas, on dirait que certaines bonnes scènes sont volontairement écourtées alors que d’autres moins captivantes sont, limites, prolongées exprès.
Et à la fin le rendu devient finalement assez bizarre, où le grandiose côtoie l’anecdotique…
Alors peut-être est-ce voulu par Tarantino (qui puise sont inspiration aussi bien dans des chefs d’œuvre intemporels, que dans des nanars, pépites perdues, ou cinéma bis mi figue mi raisin) de donner volontairement à ses films une certaine dose d’imperfection ?
En y réfléchissant, ça donne à sa filmo un air très pulp…on s’attend à reconnaître une certaine patte, mais on est toujours surpris (psitivement/négativement) par le rendu final…
Donc Django d’excellentes choses (le casting, les dialogues, la scène du repas) et d’autres plus agaçantes : la musique, et toute la dernière partie à partir du moment où Dicaprio/Waltz sont expédiés (franchement ça se sentait à plein nez, que Waltz allait sortir son flingue, ce qui m’aurait mis une claque c’est que Dicaprio fasse exactement pareil, et qu’un putain de gunfight éclate comme ça dans toute la baraque, avec à la fin un duel dans les champs entre Django et L.Jackson qui lâche sa canne et montrer son ”vrai visage”…en nous épargnant les 20 min de bobine après la fusillade…) bon mais ça, de toute façon c’est ma vision du truc, donc osef…
J’aimerais maintenant me tourner vers Kill Bill qui est à mon sens l’apothéose et la synthèse de toute sa filmo, une déclaration d’amour rassemblant tout ce qu’il aime dans le cinéma, avec un diptyque où la partie 1 serait le miroir de ses films passés et la partie 2 de ses films futurs…
La partie 1, c’est un peu la preuve que Tarantino peut transposer ses perso de l’univers 90′s dans un autre genre, en arrivant à se l’approprier tout en se renouvelant, sans pour autant se répéter.
La partie 2, fait penser au crépuscule d’une carrière, la nostalgie d’une époque, on y retrouve le côté western de ses films futurs, de l’action brève et percutante dans de drôles de situations, et une fin expéditive, mais non sans originalité.
Depuis ce diptyque, Tarantino me donne l’impression qu’il nous livre ses films dans le désordre, et à nous d’essayer de recoller les morceaux de sa filmo à la manière de son Pulp Fiction.
Voilà, j’attends maintenant de voir quelle scène vous allez choisir dans la prochaine vidéo.
Très bonne continuation !!
Sorejaa
Excellent débat, même si Romain a un peu monopolisé la parole.
Je te félicite d’ailleurs Romain, parce que tu as brillamment défendu ton point de vue (que je partage.
J’étais dans la même posture que toi à la sortie d’Inglorious, qui m’avait séduit au-delà du raisonnable et j’avais énormément de mal à convaincre les gens autour de moi.
Salut à tous,
Je viens de me remater Inglourious Basterd, avec le recul je le trouve très bien.
J’ai volontairement refusé de le revoir plus tôt car je souhaitais le voir avec un autre état d’esprit mais ce débat et la sortie de Django étaient une bonne occasion.
Tarantino m’a tenu pendant tout le temps du film, je ne me suis pas ennuyer du tout. Dans sa construction (les deux histoires parallèles), le film me parait cohérent avec un chapitre de fin qui mixte les deux histoires même si les personnages ne se rencontrent pas. Pour revenir sur ce que disait Romain, le fait que le “degré de porosité” (ref debat sur les jeux videos et le cinema) entre les deux histoires soient quasi nulles ne me dérange pas, j’ai trouvé ça bien fait. Par exemple dans cloud Atlas j’ai trouvé ça beaucoup plus flagrant et dérangeant dans la mesure où en plus, les histoires ne se passent pas à la même époque. Bon c’est pas vraiment comparable car Cloud Atlas est adapté d’un bouquin.
Bon par rapport au premier visionnage, après Kill Bill c’était forcément tentant de trouver Inglorious Basterd moins bon, mais quand on y réfléchit, rebondir après Kill Bill n’était pas une mince affaire et partir sur un pré-requis historique était une bonne astuce bien que risquée. Avec du recul je trouve le film plaisant, captivant, tarantinesque. Alors c’est vrai que je n’ai pas trouvé toutes les références, hommages ou clins d’oeil habituels mais je n’ai pas la culture cinématographique que d’autres ont et vous pourrez peut-être me dire celles que vous avez trouvé dans Inglourious.
Pour le négatif, je n’ai rien trouvé de spécial sinon dans la scène du cinéma à la fin, je n’ai pas kiffé du tout l’apparition de Shaushana à l’écran avec son ”retour de la vengeance juive” au moment où l’écran brule, j’ai trouvé ça inutile.
Autre truc, il aurait peut-être été plus logique que Mélanie Laurent cherche à buter Christophe Waltz